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Chronologie de la nationalité de la marque
France
Delage

Chapitres
Delage_D8_120_Letourneur_Marchand_1939_1/43
Mr Louis Delâge, comme beaucoup d'autres constructeurs automobiles (Renault, Peugeot, …), comprendra très vite l'utilité da la compétition pour promouvoir sa marque. Ce constructeur commencera sa production en 1905 en l'orientant très vite vers le très haut de gamme et le grand luxe. A l'horizon des années 1930, la concurrence dans ce secteur du très haut de gamme s'appellera Hispano Suiza. L'après grande guerre verra l'apogée de la marque qui durant les années folles permettra à Louis de vivre avec faste et un niveau de vie équivalent à celui de sa clientèle qu'il côtoie par ailleurs. La persistance de Louis dans l'exceptionnel, et les mécaniques sophistiquées destinées à la compétition vont avec la crise des années 30 mettre l'entreprise en péril. Tout ceci combiné avec la sortie de la D8, l'ambassadrice du luxe qui n'arrivera pas dans un contexte favorable, fera que Delahaye rachètera l'entreprise en faillite courant 1935. Ce rachat aidera Delahaye dans son ascension vers les voitures de luxe et permettra de conserver temporairement la marque Delage qui continuera à produire quelques modèles sous son identité. Cependant les derniers modèles Delage n'auront que la calandre pour les différencier des " Delahaye ". Hotchkiss, en 1953 lors du rachat des marques Delage et de Delahaye clôturera l'aventure de Delage. La marque Delahaye survivra quant à elle jusqu'en 1956.

L'histoire

C'est en 1874 à Cognac, dans les Charentes, que naît Louis Delâge. Ce fils unique âgé de 16 ans en 1890, va se décider à quitter le cocon familial pour se diriger vers la très renommée école des Arts et Métiers d'Angers. C'est en 1894 que Louis sortira de cette école avec son diplôme en poche et un carnet d'adresses bien rempli (qui lui servira plus tard). Bien que marié deux fois, Louis n'aura qu'un seul fils, Pierre, de son premier mariage. A sa sortie de l'école, et afin de se faire la main, Louis ne jurant que par l'automobile, s'essaiera dans diverses sociétés automobiles avant d'arriver chez Peugeot à Valentigney en temps que chef d'études. Cette période, permettra à Louis de retrouver Augustin Legros, un ancien copain d'école qui l'aidera plus tard à créer son entreprise.

 
Un assembleur dans un premier temps
C'est en 1905 à Levallois que cette Société des Automobiles Delage prendra forme alors que l'accent circonflexe du nom Delâge disparaîtra pour des soucis d'esthétisme sur le logo de la marque. Alors que les pionniers seront déjà établis (De Dion Bouton, Renault, Peugeot, Panhard et tant d'autres), Louis Delâge à 31 ans recherchera des fonds auprès d'amis et de diverses relations qui imposeront l'emploi d'un membre de leur famille, d'un proche. Qu'importe, c'est en sélectionnant ses ingénieurs parmi les jeunes diplômés des Arts et Métiers, que Louis s'entourera des meilleurs pour l'aider dans la production de voitures. Ce sera avec Augustin Legros, le premier ingénieur faisant parti des anciens "Gad'zarts" que la type A équipée d'un monocylindre De Dion Bouton de 6.5 cv sera lancée en production. Equipée d'une boîte de vitesses dont Louis avait déposé le brevet en 1898, cette voiture sera assemblée jusqu'en 1910 sur un châssis provenant de chez Malicet et Blin. Cette automobile sans grande originalité technique, sera cependant d'une très grande qualité d'assemblage lui conférant une finition exemplaire qui d'entrée démontrera la volonté et les aptitudes de Delage en matière de luxe. De plus, cette première voiture, également vendue au Royaume Uni sous le nom de Baby Friswell, basée sur la production d'un modèle unique à variantes multiples fera naître la célèbre devise Delage : "Ne faire qu'une chose, mais la bien faire."

Affiche_Grand_Prix_Boulogne_Balbot_Delage_1911

 
La compétition
Très vite Louis comprendra l'intérêt d'inscrire des voitures en compétition. Pour promouvoir sa marque, dès 1906 celui ci engagera ses voitures dans diverses compétitions. Ce sera à la Coupe des Voiturettes de Dieppe que Delage remportera sa première victoire. Pour l'anecdote, sur trois voitures inscrites, deux seront équipées des moteurs De Dion Bouton tandis que la troisième sera mue par un moteur monocylindre longue course conçu par Némorin Causan un autre motoriste. Alors que Louis n'aura aucune confiance en ce dernier, comble du sort, ce sera la Delage d'Albert Guyot, motorisée par Causan qui ramènera la victoire. Cependant, le marquis De Dion en personne, contre monnaie sonnante et trébuchante demandera à Delâge d'annoncer la victoire de ses moteurs. Cet important fournisseur de moteurs, sans scrupules permettra à Louis l'achat du château du Pecq alors que la collaboration avec Causan prendra étrangement fin sur le champ. Néanmoins pour trouver une autre alternative, à partir de 1909, Delage se lancera dans la fabrication de ses propres moteurs. Ceux ci pour la première fois graissés sous pression donneront le meilleur d'eux mêmes, et toujours dans la classe des Voiturettes, ce sera la coupe de Boulogne qui sera remportée cette même année par Balbot alors que Guyot et Thomas également sur 3000 cm3 s'octroieront les troisième et quatrième places. Ces quelques victoires, en plus de rompre la suprématie des Peugeot, feront connaître la marque dont la renommée ne sera désormais plus à faire. Sur ces voitures de série, le frein à pied sur les roues arrières, les équipements électriques et la boîte de vitesses 4 rapports feront maintenant partie de l'équipement de base.

 
Nouvelle usine, nouvel ingénieur ! Du sang neuf !
1911, verra l'usine déménager de Levallois vers Courbevoie afin de ne plus avoir a subir les caprices de la Seine qui en 1910, avec ses tristement célèbres inondations avait fortement impressionné Louis. Cette même année va voir l'arrivée d'Artur Michelat, un nouvel ingénieur autre "Gad'zarts", qui jusqu'en 1921, imposera les quatre (9cv) et six cylindres (12cv) comme les moteurs du moment. Cela n'empêchera pas le montage de moteurs quatre et six cylindres Ballot jusqu'en 1912 indifféremment sur les voitures de tourisme et de compétition. Les carrosseries seront dessinées par François Repusseau, le six cylindres maison présenté en 1913 adoptera pour sa version civile une cylindrée de 2600cm3.

Pub_Delage_1 Pub_Delage_2

 
Les retombées de la compétition
Ce seront donc des 7 litres de 110 chevaux qui commenceront à gagner aux mains de Guyot et Bablot. De bonnes places seront glanées à Amiens avant la victoire au grand prix de l'ACF du Mans avec trois voitures au quatre premières places. En 1914 les 500 miles d'Indianapolis seront remportés par Thomas alors que Guyot terminera troisième, sur des voitures équipées de moteurs de 4500 cm3. Les retombées commerciales aideront à vendre des Delage aux USA alors qu'un nouveau moteur sera testé sur les courses suivantes. Delage et Peugeot ne cesseront de se disputer la victoire en alternant les joies et les déceptions. Delage, le vent en poupe après ses multiples victoires en compétition, vendra beaucoup de voitures de route, mais la guerre va stopper tout cela. Pour continuer à vivre, Louis convertira son usine à la fabrication d'obus. Cependant la qualité, éloignée de celle appliquée à la production automobile, fera que beaucoup de ces obus éclateront à la figure des artificiers qui tenteront de les envoyer sur l'ennemi. Quelques voitures sortiront tout de même des usines pendant cette période, mais celles-ci seront directement rattachées aux états major. A la sortie de la guerre Louis se verra décerné la légion d'honneur, sans réelle distinction tandis que l'ingénieur Gaultier, responsable de la production des obus défectueux, écopera de 5 années de prison.

 
L'après grande guerre
La fin de la guerre permettra la reprise de la production de voitures de tourisme. La nouvelle CO conçue pendant la guerre rentrera en production courant 1919, et permettra à Delage de revenir parmi les meilleurs. Ce modèle de luxe doté d'un moteur 6 cylindres 20cv de 4500 cm3 à soupapes latérales proposera une qualité de finition impressionnante. Dès lors, Delage sera une entreprise florissante qui dès 1921, sur la CO2, adoptera pour ses moteurs, les soupapes en tête et le double allumage par magnéto. Cette voiture sera dotée en série de freins sur les roues avant. Alors que le lancement de la DE, dont le 4 cylindres à soupapes latérales de 11 cv permettra de proposer des véhicules à un plus grand nombre de clients, les Delage ne cesseront de persister dans la gamme des voitures d'exception à la réputation de qualité et de fiabilité. En effet, contrairement à ses contemporains, Delâge continuera dans la voiture de luxe et créera des mécaniques sophistiquées et complexes afin de gagner en compétitions. Cependant, les évolutions répétées de réglementations imposeront de multiples changements de cylindrée qui amèneront ce dernier à créer un nouveau moteur en 1922.

 
Un V12 pour la compétition
Ce sera donc Charles Planchon un autre " gad'zarts ", cousin de Delâge ayant travaillé chez Peugeot, Charron, Gnôme Rhône, et Panhard qui créera une merveille d'architecture. Delage_V12_JEP_1/10 Ce V12 de 2000 cm3, 4 arbres à cames en tête montés sur roulements à aiguilles et doté d'un double allumage manquera de mise au point pour le grand prix de l'ACF de 1923, mais cela ne l'empêchera pas de rester à la pointe de la technologie jusqu'en 1925. La deuxième version perfectionnée par Albert Lory, (lorsque Planchon sera mis à la porte) sera plus fiable après un renforcement du refroidissement et de l'attelage mobile. Cependant, les 130 cv de ce moteur ne permettront pas de battre la concurrence présente sous la forme des Alfa Roméo P2 et Bugatti 35. Ceux-ci, ne laisseront à Delage que des deuxième et troisième places. Mais pour faire parler de lui, Delâge créera un V12 de 10700 cm3 afin d'établir à Monthlèry le record du monde de vitesse (230 km/h) qui ne sera détenu par René Thomas durant l'année 1924. Pendant ce temps, c'est la DI 4 cylindres de 2100 cm3, somme toute assez classique qui prendra la tête des ventes de modèles de tourisme. Les versions sport aux pistons en aluminium, seront de brillantes voitures. Cependant ce sera la GL qui fabriquée jusqu'en 1927 avec son gros 6000 cm3 qui permettra à Delage de concurrencer Hispano-Suiza. L'année 1925 verra la puissance du V12 de 2000 cm3 passer à 210 cv par l'ajout de deux compresseurs, mais cela ne suffira pas encore pour battre les Alfa Roméo. Benoist et Divo remporteront les 1000 km de Monthlèry en l'absence des Alfa Roméo (décès d'Ascari) alors que Divo-Morel, Benoist et Thomas feront un triplé en Espagne à San Sébastian. Cependant, à partir de ce moment là, Louis Delâge se fera de plus en plus rare sur les abords des circuits.

 
Un huit cylindres pour la compétition
En 1926, le règlement des Grands Prix évoluera encore pour imposer le 1500 cm3. Delâge demandera alors un 8 cylindres en ligne à compresseur à ses ingénieurs. Après mise au point, ce moteur conçu par Albert Lory, permettra de remporter d'innombrables courses avec ses 170 cv. Les plus grands du milieu automobile ne se tariront pas d'éloges pour Delage. Ainsi Gabriel Voisin et Ettore Bugatti, visant la même clientèle sportive de haut de gamme, diront de Delâge qu'il a tout compris en employant de l'aluminium dans ces voitures. Bugatti, et Delâge se vanteront même d'être les meilleurs et imbattables. Louis très bon en communication se chargera lui-même des slogans publicitaires. Quelques slogans feront date comme celui des débuts : " Ne faire qu'une seule chose, mais la faire bien ! " mais aussi "Rapide et silencieuse, elle passe c'est une Delage".

Delage_1500_JEP_1/18 Delage_1930_Celluloide_1/43

La compétition coûtant très cher, en 1928, Delage décidera d'arrêter celle-ci pour se concentrer sur les seules voitures de route. Ce seront une nouvelle fois les changements de réglementation de courses qui agaceront Delâge, qui revendra les 15 S 8 cylindres de compétition à des pilotes de renom qui continueront à les engager et à remporter des courses. (Chiron, Bradley, Campbell, Howe et Thomas 15 ans après continueront à gagner des courses aux mains de ces voitures).

 
Le déclin
C'est à partir de ce moment que l'entreprise connaîtra des problèmes. En effet, Delâge cherchera à égaler voir même surpasser les Hispano Suiza établies comme la référence en matière de voiture de très haut de gamme avec la H6B. Delage_Torpedo_JEP_1/10 De plus, un mauvais concours de circonstance surviendra en 1929, la présentation que la D8 à moteur 8 cylindres en ligne, coïncidera avec les événements du jeudi noir et la crise qui s'en suivra. Le défi Hispano Suiza ne pourra être relevé et le déclin s'amorcera : En septembre 1929, la D8 équipée d'un 8 cylindres en ligne de 4000 cm3 et 105 cv pensé par Maurice Gaultier sera présentée alors que les D4 et D6 (2500 cm3, 70 ch) seront déjà sur le marché,. Cette voiture très haut de gamme sur laquelle de nombreux carrossiers réputés donneront leur interprétation (Saoutchik, Franay, Letourneur et Marchand, Figoni et Falaschi, De Villars, Pourtout, Chapron, ...), se vendra cependant mal, et seuls quelques clients fortunés pourront remporter les concours d'élégance très en vogue à cette époque. Les rallyes féminins serviront également de promotion à la marque. Alors que le volant de ces lourdes D8 sera confié à Renée Friedrich, cette frêle femme réussira le pari en 1931 de terminer son périple , mais trouvera la mort en 1932 lorsque son imposante et peu maniable D8 se retournera sur elle. Le raffiné et la finition de ces voitures coûtera de l'argent à Delâge qui ne réussira pas à imposer de nouveau ses véhicules de très haut standing. La D8, une voiture de luxe un peu lourde, sera très vite épaulée par une version sport D8S permettant de gagner 20 chevaux. Les deux modèles sortiront conjointement de 1929 à 1934. La D8S ne sera fabriquée qu'à 145 exemplaires alors que la D8 dépassera les 2000 unités. Dès 1933, toutes les Delage seront dotées de roues avant indépendantes, mais le marché des grosses voitures n'étant plus porteur et les énormes frais imposés par le service course contribueront à faire sombrer irrémédiablement l'entreprise. Malgré la nouvelle orientation tentée vers l'aviation et la marine, le déclin sera enclenché…

Delage_D8S_ferme_blanc_capote_rouge_1934_Eligor_1/43 Delage_D8_vert_ferme_1932_Eligor_1/43

 
Tentative de réaction
Dans un souci d'économie dans une période dure, la clientèle se raréfiant, les D4, D6 et D8 vont commencer à utiliser des organes communs. En effet, les transmissions, le châssis et les suspensions seront standardisés sur toute la gamme. Cet avantage permettant de diminuer les coûts amènera cependant d'autres problèmes : la D4 se révélera trop lourde pour son petit 4 cylindres, et la 8 cylindres sera sous dimensionnée avec un châssis trop léger. Le produit avec ces résultats perdra son objectif de démarcation par rapport aux autres productions et de ce fait ne satisfera pas la clientèle exigeante visée. Cette perte de cible combinée à la dépression économique amènera Delage à complètement refondre sa gamme afin de l'adapter à une clientèle moins élitiste. Mais il n'en sera rien, et l'entreprise aux méthodes de fabrication dépassées et au réseau de vente presque inexistant sera déclarée en faillite en 1935 malgré une gamme dotée de boîtes de vitesses synchronisée, de freins hydrauliques et de suspensions avant indépendante.

 
Recherche de spiritisme
La vie privée de Louis Delâge ne sera pas sans rebondissements, et après son aventure extra conjugale avec la chanteuse Betty Spell, Louis divorcera de sa première femme et mère de son enfant. Celle-ci demandera pour indemnités de divorce une Hispano Suiza neuve avec chauffeur ainsi qu'une autre voiture pour ses déplacements de Paris jusqu'a avenue Foch son lieu de résidence. Ce divorce sera cependant difficile et Louis de se remariera qu'en 1930 avec la chanteuse d'opéra Vanda Strella. Ce mariage durera 3 ans. En 1933, Louis se retrouvera tout seul avec son entreprise mal en point. Le moral au plus bas, cette même année, Louis va rencontrer brièvement (20 minutes) le père Brothier. Ce dernier va faire basculer sa vie du plaisir matériel au plaisir spirituel.

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Fusion avec Delahaye
En 1935, Louis tentera de se rapprocher de Peugeot son ancien employeur. Ayant essuyé un refus, ce sera finalement à Walter Watney qu'il revendra la société Delage. Ce personnage s'empressera la même année de proposer cette société à Delahaye à la recherche de solutions pour amortir ses investissements sur plusieurs marques et à augmenter ses propositions de voitures luxueuses. C'est ainsi que Louis deviendra le directeur des usines Delage tout en étant salarié de Delahaye. Payé de l'ordre de deux Citroën Traction neuves par mois, sans compter les intéressements, Delâge va poursuivre la fabrication des D6 70 et D8 100 et 120 dans la plus droite ligne de celles produites avant 1935. Celles-ci ne seront toutefois plus fabriquées à Courbevoie, et ne vont plus représenter un gros volume puisqu'il ne sortira plus que 3000 voitures jusqu'à l'arrêt de la marque. Afin de diminuer les coûts de fabrication, les éléments mécaniques des Delahaye, finiront par être montés sur les Delage qui conserveront cependant leur identité et leur caractère d'avant, alors que la différence entre les modèles des deux marques à partir de 1938 ne se feront plus que par la calandre. Les Delage plus raffinées sortiront de la même usine que les Delahaye tandis que les boîtes de vitesses électromagnétiques Cotal seront proposées sur les modèles hauts de gamme des deux marques. En 1936 l'alliance donnera naissance à un moteur 4 cylindres de 2200 cm3 à soupapes en-tête qui sera également livré à Amilcar pour équiper le modèle Pégase. La naissance de la Delahaye 135, véritable voiture de luxe, va permettre à Delahaye de marquer sa suprématie en compétition. (Rallye Monte Carlo 1937 et 1939, le Mans 1938 et Brookland en 1939) En 1937, Louis tentera même afin de pallier au problème de performance du moteur Delahaye (150 cv) de se rapprocher d'Ettore Bugatti dont les type 57 à moteur compressé annonçaient 200 cv. Ce rapprochement bien que ne débouchant pas sur un suite commerciale se fera grâce à Robert Benoist un ancien pilote Delage devenu agent commercial Bugatti.

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Le pèlerin
Concernant la production de série, les châssis seront également améliorés et feront que les Delage vont autour des années 1940 revenir à leur place d'avant c'est-à-dire ambassadrice du luxe à la tête des grandes marques françaises. Celles-ci continueront d'ailleurs d'exciter les carrossiers les plus réputés qui dessineront d'élégantes robes à ces châssis. Letourneur et Marchand, le partenaire de tous temps, qui a toujours entretenu des rapports privilégiés avec Delage, fera parti de ces chanceux. Ces résultats ne changeront pas le cours des choses amorcées avec le père Brothier en 1933. Au fils du temps, Louis se transforme en ermite en pleine quête de spiritisme. Perdant sa passion pour l'automobile, Louis se retire de la grande vie et entreprendra divers pèlerinages dans une période où la guerre stoppera toute l'industrie automobile. Ces pèlerinages, dans un premier temps se font à pied (Paris Chartres en 1941), (Paris Lisieux en 1942) avant que la bicyclette n'intervienne dans un Paris Lourdes en 1943. Ce sera par la suite un Paris Chartres Lisieux Lourdes de plus de 1100 km qui sera réalisé en dix jours durant l'année 1946. Louis à son retour en profite pour vendre son carnet de route à un magazine dédié au vélo. Cependant ce sera dans le plus total dénuement qu'il termine sa vie. "Ayant tout possédé, puisque j'ai tout perdu" se plaira-t- il à dire. Cela ne l'empêchera pas de faire de substantiels dons à des associations d'orphelins. Chagrin d'amour, puisque sa première femme n'a jamais voulu réintégrer le foyer conjugal alors qu'il l'a sollicitait depuis 1937 ? Peut être est ce la raison du déclin de ce grand homme qui aura cependant marqué l'histoire de l'automobile. Il retournera de temps à autres au " 140 Champs Elysées " devant la vitrine du magasin portant encore son nom avant de s'éteindre le 14 décembre 1947.

 
La fin de Delage
La marque Delage lui survivra encore 8 ans, après guerre, la Delage D6 sera relancée en production pour quelques années. Après le deuxième conflit mondial, Delahaye rejoindra le G.F.A. (Groupe Français de l'Automobile), un organisme de vente crée par le baron Petiet, et dont les initiales seront maintenues jusqu'à la fin de Delahaye (bien que le groupement ait disparu en 1952) sur tous les logos. La production Delahaye et Delage, ne fera plus qu'une au début des années 1950. La compétition, quand à elle sera abordée grâce au 6 cylindres 3000 cm3 Delahaye qui bien que pas nouveau permettra de remporter des courses jusqu'en 1953. (Tourist Trophy 1938 (Louis Gérard), la seconde place aux 24 heures de SPA 1938 et du Mans 1939 (Gérard Monnerret). Rue_Delage

  • Deuxième place au Mans 1949 (Louveau et Jover)
  • Grand prix ACF à Compiègne en 1949
  • Rallye Monte-Carlo 1951
  • Traversée de l'Afrique (Le Cap, Alger) en 1953

L'ultime sursaut de la maison Delage Delahaye, qui ne vendra que 483 voitures en 1950, sera tenté l'année suivante au travers de la présentation de la 235 et du VLR (véhicule léger de reconnaissance). La première à moteur 3500 cm3 de 150 cv et à carrosserie aérodynamique, ne sera en fait qu'un dérivé de la 135 d'avant guerre. Cela en fera un modèle complètement dépassé et trop cher dès le premier jour de sa présentation. Le VLR, présenté conjointement, reprendra les concept des célèbres Jeep américaines, et aidera à la poursuite de l'aventure, même si les ventes Delage et Delahaye combinées ne dépasseront pas les 77 unités pour l'année 1951.

 
Hotchkiss et mat
En 1953, les accords de fabrication initiés avec la Société des Automobiles Hotchkiss, aboutiront à une fusion avec Delahaye. Delage cessera ses activités sur le champ, tandis que Delahaye intégré à Hotchkiss poursuivra son aventure en produisant des véhicules utilitaires pour les Pompiers et les Militaires. L'armée sera d'ailleurs d'un grand secours, dans cette période difficile où les voitures de luxe ont du mal à se vendre. La production du VLR sera un véritable salut. L'histoire d'Hotchkiss et Delahaye se poursuivra jusqu'en 1956 date à laquelle la fusion d'Hotchkiss avec le groupe Brandt fera disparaître la marque Delahaye ainsi que tous les véhicules de tourisme de la gamme. Au grès des fusions, Hotchkiss qui fabrique sous licence un clône de la Jeep américaine, glissera doucement dans l'oubli alors qu'en 1981 l'armée décidera de remplacer ce vieillissant 4*4 appelé M201 par la toute nouvelle Peugeot P4. En 1956, Les Amis de Delage créeront un club afin de mieux fédérer les amateurs de voitures Delage et fournir à ces heureux propriétaires un soutien tant technique que logistique. http://www.delage.org

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